Un chariot élévateur bien entretenu coûte moins cher à exploiter, dure plus longtemps et tombe rarement en panne au pire moment. La plupart des bris majeurs ne surviennent pas d’un coup : ils commencent par un petit signe négligé qui s’aggrave avec le temps. Voici les dix erreurs d’entretien les plus fréquentes, ce qu’elles entraînent concrètement, et comment les éviter.
1. Négliger les inspections quotidiennes
C’est l’erreur la plus répandue et celle qui coûte le plus cher à long terme. En ce sens, un chariot utilisé toute la journée accumule de l’usure : un pneu qui se dégonfle, une fuite qui débute, une fourche qui se fissure. Sans vérification en début de quart, ces défauts passent inaperçus jusqu’à ce qu’un composant lâche en pleine opération et cela arrive souvent au moment le moins opportun. De plus, l’inspection quotidienne est aussi une attente claire de la CNESST.
La solution : mettre en place une check list obligatoire, signée par l’opérateur à chaque début de quart. Formez vos opérateurs à reconnaître les signes à surveiller, consignez chaque défaut et remontez-le rapidement au responsable. Notre checklist d’inspection quotidienne vous offre un point de départ prêt à utiliser.
2. Retarder les entretiens préventifs
Reporter une vidange ou un changement de filtre semble sans conséquence sur le moment. Pourtant, les intervalles recommandés par le manufacturier existent pour une raison : passé un certain seuil d’heures, l’huile et les filtres ne protègent plus efficacement. Les contaminants se mettent à circuler, ce qui accélère l’usure du moteur, de la transmission et du système hydraulique. Un entretien reporté se transforme souvent en réparation nettement plus importante.
La solution : suivre le compteur d’heures et respecter strictement le programme d’entretien du manufacturier. Planifiez les visites pendant les périodes plus calmes pour limiter l’impact sur la production, et confiez-les à une équipe qui peut intervenir directement sur votre site.
3. Ignorer les fuites hydrauliques mineures
Le système hydraulique commande le levage, la descente et l’inclinaison du mât : c’est le cœur fonctionnel du chariot. Une petite fuite à un raccord ou un suintement sur un flexible signale un joint ou une connexion qui se dégrade. Laissée telle quelle, elle entraîne une perte de pression qui nuit à la précision et à la sécurité du levage, sans compter l’huile au sol qui devient un risque de glissade. Une fuite ne se résorbe jamais d’elle-même.
La solution : inspecter régulièrement les flexibles et les raccords, et intervenir dès qu’une fuite est repérée avant qu’elle n’endommage des composants plus coûteux.
4. Mal gérer les batteries (chariots électriques)

Sur un chariot électrique, la batterie est l’un des éléments les plus importants de l’équipement. Des cycles de charge inadaptés tels que des recharges partielles répétées au mauvais moment, décharges trop profondes, niveau d’électrolyte non vérifié sur les batteries au plomb par exemple, réduisent fortement sa durée de vie et son autonomie. Les batteries au lithium sont plus tolérantes mais elles ont elles aussi leurs bonnes pratiques de charge.
La solution : respecter les cycles de charge recommandés, vérifier régulièrement le niveau et l’état de la batterie, prévoir une zone de charge appropriée et suivre les consignes du manufacturier propres à votre type de batterie.
5. Manque de lubrification sur les composantes critiques
Les chaînes du mât, les rouleaux, les roulements et les points de pivot travaillent en permanence sous charge. Sans graissage adéquat, la friction augmente, les pièces chauffent et s’usent prématurément. Une chaîne mal lubrifiée s’allonge et perd de sa fiabilité puis finit par compromettre le levage. C’est une usure silencieuse mais l’une des plus coûteuses.
La solution : suivre le plan de graissage recommandé par le manufacturier, utiliser le bon lubrifiant et ajuster la fréquence selon l’intensité d’usage et l’environnement.
6. Ignorer les bruits ou vibrations anormales
Un bruit inhabituel, une vibration nouvelle ou un comportement différent sont presque toujours les premiers signes d’un problème mécanique comme un roulement, transmission, frein ou roue, etc. En effet, plus on attend, plus le composant en cause se dégrade et entraîne d’autres pièces avec lui. Autrement dit, ce qui aurait pu être une intervention simple devient alors une réparation majeure.
La solution : former les opérateurs à signaler immédiatement tout bruit ou vibration anormale, et faire diagnostiquer rapidement avant que le problème ne s’étende.
7. Utiliser un chariot inadapté à l’application
Un chariot mal jumelé à sa tâche s’use plus vite et travaille en dehors de sa zone optimale. Une capacité trop juste sollicite le mât, l’hydraulique et la transmission; des pneus inadaptés à la surface réduisent la traction et accélèrent l’usure; un accessoire mal choisi déséquilibre la charge. Au-delà de l’usure, c’est aussi un enjeu de sécurité.
La solution : s’assurer que la capacité, les pneus et les accessoires correspondent aux conditions réelles de travail. Pour bien choisir, consultez nos articles sur les différents types de chariots élévateurs et sur la capacité de levage.
8. Former insuffisamment les opérateurs
La façon de conduire a un impact direct sur la durée de vie de l’équipement. Accélérations brusques, vitesse excessive, chocs contre les quais ou les rayonnages : autant de gestes qui multiplient l’usure. Un opérateur bien formé ménage la mécanique et repère plus facilement les anomalies lors de l’inspection. La formation est par ailleurs une obligation au Québec.
La solution : offrir une formation continue, axée à la fois sur l’utilisation sécuritaire et sur la conduite préventive qui préserve l’équipement.
9. Dépasser la capacité nominale
Surcharger un chariot, même ponctuellement, impose une contrainte excessive au mât, au système hydraulique, aux pneus et à la transmission. Cela accélère l’usure et, surtout, réduit la stabilité, ce qui augmente le risque de basculement. Il faut aussi se rappeler que la capacité réelle diminue lorsqu’on lève plus haut ou qu’on ajoute un accessoire.
La solution : ne jamais dépasser la capacité indiquée sur la plaque signalétique et recalculer la capacité dès qu’un accessoire est ajouté. Notre article sur la capacité de levage explique comment en tenir compte.
10. Négliger l’état des pneus

Les pneus sont le seul point de contact entre le chariot et le sol : leur état influence directement la traction, la stabilité et la qualité de la manutention. Des pneus usés réduisent l’adhérence, transmettent davantage de vibrations à l’ensemble de la machine et compliquent le contrôle des charges. Cette usure étant progressive, elle se vérifie facilement à l’œil à chaque quart.
La solution : inspecter les pneus à chaque quart et les remplacer dès que l’usure le justifie, en choisissant le type adapté à votre surface de travail.
Un entretien préventif, plutôt que des réparations d’urgence
Ces dix erreurs ont un point commun : elles transforment de petits problèmes en gros problèmes. La bonne nouvelle, c’est qu’elles sont toutes évitables avec une routine d’inspection rigoureuse et un programme d’entretien suivi.
Un programme d’entretien et de réparation structuré vous aide à garder le contrôle. Les techniciens de Kirmar se déplacent dans le Grand Montréal et, au besoin, vous pouvez planifier un appel de service rapidement.
Vous souhaitez mettre en place un plan d’entretien adapté à votre flotte? Communiquez avec notre équipe : nous accompagnons les entreprises de la région de Montréal depuis 1985.